lundi 11 septembre 2017

Permis de conduire ...

Comme vous l'avez tous appris ici il y a quelques mois, j'ai fini par obtenir mon permis de conduire à 42 ans et demi ...

"LA LIBERTE tu vas voir", m'avaient vendu certains ...

Qu'en est-il VRAIMENT ?
Eh bien, je dois reconnaitre qu'autant j'aimais conduire avec Eric mon mono, autant cette permission de conduire seule m'a, dans les faits, davantage semblé être un saut dans le vide qu'un souffle grisant dans la crinière.

Ainsi, mes premières heures de conduite "non accompagnée" effectuées, je passais mon temps à geindre auprès de mes amis conducteurs avertis : 
"Tu te rends compte, je passe mal mes vitesses, j'ai coupé la route à un vélo, en sortant du parking je ne savais plus si je pouvais tourner à droite ou à gauche, et tous ces papiers qu'il faut penser à prendre avant de partir faire un tour avec sa voiture, combien de pochettes et sacs à mains me faudra t-il à terme pour trimbaler tout ça et cette angoisse au premier plein d'essence ..."

Bref, toutes ces angoisses atroces m'ont donné l'idée d'un billet catharsis... (je suis médecin).

En tête du palmarès des grosses grosses angoisses qui m'ont étouffé, il y a tout d'abord eu celle causée par le syndrome du bras trop court.
Trop court pour prendre le ticket au péage de l'autoroute ou à l'entrée du parking souterrain et toujours trop court à la sortie du parking pour atteindre et introduire le ticket dans la fente. Ticket qui finit par tomber entre la voiture et la borne,  obligeant le conducteur novice à des contorsions humiliantes pour parvenir à s'extirper du véhicule, malgré tout trop prêt du trottoir pour permettre d'ouvrir aisément la portière et récupérer de ticket au sol.

Bien plus tard, au péage d'entrée sur l'autoroute, tandis que j'avais réussi à saisir le ticket vomi par la borne, j'ai calé 4 fois, derrière la barrière qui menaçait de retomber sur mon capot jusqu'à ce que je comprenne qu'il était impossible de  redémarrer... en première.  

Le premier plein d'essence dans ma station de banlieue, m'a également laissé un âpre souvenir. 
Précautionneuse, j'avais avant de partir révisé scrupuleusement dans la pénombre de mon parking comment ouvrir et fermer le bouchon du réservoir. 
Au bout de "plusieurs" tentatives et d'une réussite partielle, je file à la station, en nage ... Impossible de déverrouiller le bouchon... Une gentille dame que j'ai eu envie envie d'appeler "maman", a fini par me venir en aide. 

Et puis il y a eu ce premier créneau...nourri de vaines tentatives de manœuvres devant la terrasse bondée et la clientèle abasourdie d'un bar à chichas près des Champs Elysées. Craignant d'y laisser un plein et de ruiner de sueur mon chemisier en mousseline, j'ai fini par appeler Sweety pour qu'il reprenne le volant et nous fasse quitter les lieux.

Il y a toujours aussi cette terrible angoisse de trouver un vrai mode opératoire pour ne pas avoir à vérifier cinquante fois avant de partir que j'ai le badge du parking, mes clés de maison, de voiture, mes papiers, mon A, mes chaussures plates, un grand sac à main pour y mettre tout ça, un panier dans le coffre pour les courses, la liste des courses, mes lunettes, de la monnaie pour l'horodateur,  un jeton pour le caddie, mais aussi pour ne pas oublier le chemin à prendre pour me rendre d'un point A à Géant Casino, à la station de l'Intermarché, au parking du centre ville, chez marraine, chez ma belle soeur, à la Biocoop, chez Décathlon, à Paris, à Boulogne.

Au milieu de tous ces tendres souvenirs, il y a eu aussi cette fois où j'ai finalement appelé mon cher papa à la station essence de l'Intermarché pour lui demander si je pouvais mettre du 95 sans plombs au lieu du 98  ... 42 ans et demi les gars.

Mais tout ça n'est rien en comparaison de cette toute première fois où j'ai pris possession du véhicule chez le concessionnaire en disant, tandis que je n'avais pas conduit depuis 3 mois, "oui oui c'est bon, je vais y arriver" ... Mon Dieu pardonnez moi si j'ai menti (heu, j'ai menti, il faudra VRAIMENT me pardonner).

Aaaaaaaah toutes ces premières fois ... la mise en marche des essuies-glace, des feux de croisement et des anti brouillard...Quel émoi.

Mais bon les gars, pour être tout à fait honnête, j'aimerais finir par dépasser le stade des émotions à tendance transpirantes pour enfin atteindre le Nirvana de la liberté, dont tout le monde m'a parlé. ...Aller chez Ikéa sans appréhension, filer à Paris au moindre caprice, rejoindre une copine dans un quartier saturé de véhicules sans trembler ... Et ça, visiblement,  c'est pas gagné...

D'ailleurs, Eric mon mono, si tu me lis, n'hésite pas à me donner des conseils (au stade où j'en suis, je me demande si j'ai bien pris toutes mes leçons de conduite ... #oinnnnnnnnnnnnnn).

Voilà pour le billet de rentrée en mode confessions intimes (OUI, je pousse encore ma première vitesse dans ses derniers retranchements chaque fois que l'occasion se présente).

Et puisqu'on en est là de notre intimité, j'en profite pour passer un message personnel à tous les conducteurs "chevronnés" : il n'est jamais nécessaire de doubler un conducteur affublé d'un A en lui faisant de grands signes d'aberration voire en le saluant d'un doigt d'honneur quand il vous semble avoir commis quelques bouchons ou étourderies de conduite ...  (Généralement ce même conducteur chevronné redécouvre le code de la route quand il doit former sa progéniture lors de la conduite accompagnée ... en attendant je vous remets ci-dessous et ci-joint pour faire valoir ce que de droit, les limitations de vitesses, j'ai cru comprendre en conduisant cet été que cela pouvait être utile ...)



A très vite les vilains, derrière la barrière du parking souterrain.




lundi 29 mai 2017

Lifting ...part two

Chère communauté (je fais comme si on était "si" nombreux, parce que ça me plait),

Vous vous souvenez probablement de mon billet sur cette cure de rajeunissement que j'entamais en passant mon permis de conduire il y a peu...
Je ne vous laisse pas plus longtemps dans le désarroi (mais si, je te connais), pour vous annoncer la suite du programme de rajeunissement.

Je retourne à l'école !

Evidemment, ça ne va pas tellement jouer sur l'élasticité de ma peau.
Mais sur celle de mon cerveau OUI !
Un "heureux concours de circonstances" (on donne aux évènements la joie qu'on souhaite en tirer) me pousse en effet à prendre un nouvel élan.

Je vais faire à la vie le cadeau qu'elle m'a donné, en me préservant de tous maux incurables, de manque de moyen, d' handicap et que sais-je encore; je m'offre donc, enfin, la possibilité de changer le cours des choses ... Puisque rien ne m'en empêche désormais, puisque mon Sweety, ma famille, mes amis,  les Macron, mes enfants, me soutiennent et que j'y crois plus que tout, j'ai décidé de me former au (x) métier(s) de la communication et du marketing digital. Ca n'est pas un gros mot, les gars, c'est un avenir  !

Comme à 40 ans (j'ai arrondi, t'inquiète, c'est pas toi qui sais pas compter) on est enfin à l'aise comme Catherine Deneuve (j'ai aussi arrondi pour elle) avec le vertige de la vie, je me sens plus déterminée que jamais, prête à tout reprendre par le menu pour exceller dans mon art .
La vie, que j'aime, est tout de même parfois cruelle et je ne vais pas attendre qu'elle se présente sous son mauvais jour pour m'épanouir.

J'ai donc choisi de suivre une formation continue et de postuler dans 3 écoles d'excellence (*) pour permettre à mon objectif lune de se réaliser avec les meilleures armes possibles ...
Une fois mon diplôme en poche, je souhaite créer ma société. 
Et du coup en t'annonçant ça, je me sens comme Tigrou dans Winnie the Pooh.
Je sautille à la vie, à l'avenir, à toutes ces rencontres que je vais pouvoir faire qui vont m'enrichir et m'aider à porter mon projet !!!

Je te rassure Communauté, je n'ai pas pris ce matin un bain de naïveté, j'ai simplement décidé de mettre toute mon énergie au service d'un projet qui présentera ses folles joies et ses affres mais pour l'heure je ne suis qu'excitation et détermination ...
Demain soir, quand je quitterai mes fonctions (#Président !!! Président !!! Président !!!), commencera "le premier jour du reste de ma vie" (accompagné d'une verre de rosé Bio), j'y mettrai tout mon cœur, je penserai à Marguerite qui n'a jamais abandonné son projet professionnel, n'a jamais renoncé à faire mieux et autrement, pour elle et pour les autres et je sais qu'elle sera à mes côtés pour m'encourager elle aussi. #pluiedeGrâces.

Si vous souhaitez échanger avec moi sur ce vaste sujet qu'est la Nouvelle Vie n'hésitez pas à me laisser un petit ou loooooooong commentaire à la suite de ce billet (ou par mail), je suis riche de vous, de vos expériences, de vos avis, de vos questionnements, de vos soutiens !

Et maintenant à l'attaaaaaaaaaque !



(*) ESCP Europe, ESSEC, CELSA.

vendredi 12 mai 2017

Marguerite...

J'étais encore étudiante en philosophie à Reims lorsque j'ai rencontré Marguerite.
Elle arrivait de je ne sais où, avec sa petite guinde dans laquelle elle déplaçait visiblement sa maison. A l'époque Marguerite se déplaçait là où la vacation et la vocation la poussaient.
Venue prendre un poste d'enseignante en philosophie au lycée Saint Joseph où je prenais moi même mes fonctions de maîtresse d'internat, nous nous sommes vite mises d'accord sur notre amitié.
Son accent de duchesse m'a d'emblée séduite et sa connaissance philosophique impressionnée. Je terminais moi-même, en parallèle de mon petit boulot à Saint Jo, une maîtrise de philo. Nos discussions allaient bon train et elle m'aidait à relire ce que je produisais.



La joie, le questionnement, l'enthousiasme, c'était ça ma Marguerite.

J'avoue cependant qu'ayant vite identifié des codes et modes d'éducation qui n'étaient pas tout à fait les mêmes que les miens, je surveillais mon verlan et mes mots d'argot...
Les mois ont filé, l'année s'est écoulée et son poste a été repris il me semble par un titulaire.
Nous avons gardé contact, elle traversant la France pour occuper des postes en remplacement, moi finissant par tout quitter pour rejoindre mon Sweety, en banlieue.


Et puis un jour ... nous nous sommes perdues de vue.


Mais un beau soir, tandis que nous revenions avec Sweety du théâtre où nous avait traîné celui qui deviendrait quelques années plus tard le parrain chéri de notre Couiny, j'aperçois sur le quai du métro MA Marguerite.
Elle grimpe dans la rame et nous voilà comme en quarante à nous jeter des bribes de vies et échanger nos 06. Quelle joie !

Nous allons nous revoir échanger, sur la foi, la philosophie, les hommes, nos hommes, nos métiers, ses frères et sœurs, son Morbihan.
Elle se marie enfin et donne plus tard naissance à une petite fille.
Nous parvenons à entretenir notre belle amitié, rieuse et amusée.
Son emploi ne la satisfait pas, elle souhaite se remettre à sa vocation, l'enseignement.
Elle se remet donc au travail et prépare l'agrégation de Philo.  Elle me fait beaucoup rire, en me racontant qu'elle s'isole parfois dans un petit couvent à Paris où elle est accueillie pour travailler quelques heures dans une alcôve, bien au calme, où finalement elle s'endort !

Et puis un jour de merde, elle me laisse un message sur ma boite vocale, en me disant qu'elle a des petits soucis de santé, qu'il faut qu'on déjeune ensemble un midi.
Elle arrive, le soleil avec elle, elle porte un petit foulard sur la tête, elle me raconte.

Je la quitte en serrant les dents pour ne pas pleurer devant elle, je décide surtout que je vais être là pour qu'elle ne lâche rien et soit convaincue qu'elle va gagner la bataille.
Les mois, passent, les chimio aussi. Nous passons plus de temps ensemble, le midi nous déjeunons au Coppé avant ses chimio quand cela est possible. Je laisse des mots au Seigneur dans le cahier des réclamations de la clinique, où elle se rend pour guérir.
Elle les lit quand elle se rend à la chapelle et cela l'amuse je crois.
Elle va mieux, fête Noël dans SON Morbihan qu'elle aime tant, avec les siens, sa famille, ses frères et sœurs, neveux et nièces.  

Le temps passe, et puis non ça ne va pas mieux. Plus tard, je ne sais plus à partir de quand, le mal attaque ailleurs.
Elle souffre beaucoup, est épuisée et je ne peux plus la voir. Je lui envoie par sms des bouquets de fleurs, parfois même les vôtres. Elle sait qu'une petite communauté sur mon IG la soutient, prières, pensées, bref un soutien qui la touche beaucoup.
Et puis, tout va finalement aller très vite.

J'ai cru à sa guérison, je nous ai vu au volant de ma voiture nous bidonnant et faisant une petite virée sous le soleil comme nous en avions convenu.

Nous avons échangé un dernier message lundi. Je n'ai compris qu'hier que ce serait le dernier.

Je pense désormais à ton époux, ta petite sœur, tes frères et sœurs et surtout je pense à ta petite fille qui va devoir puiser dans la vie et la joie que tu lui as transmis, les ressources nécessaires pour dépasser la peine et sûrement la colère.

Tu peux compter sur moi, Marguerite, pour lui raconter cette version de toi, que j'ai eu la chance de connaître ces 20 dernières années, si la vie m'en donne l'occasion.
Nos rigolades, ta force, ton courage, ta façon de t'adapter en toute circonstance et même cette anecdote que tu m'as un jour racontée et qui m'avait fait tant rire, au sujet de sa "popularité" à l'école ... 
Et puisqu'il le faut, je te dis au revoir Ma chère Fleur et je t'emporte avec moi partout où j'irai traîner mes guêtres ...  
Nous avons bien ri.
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